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Moving tatamis, la nouvelle collection de meubles signée de José Lévy

Ce créateur et designer français a dessiné la première collection de mobilier en tatami traditionnel. Une exclusivité mondiale !
par Agnès Zamboni, le 17 November 2016

Une matière phare, le tatami 

Le designer José Lévy s’est associé avec Daiken, leader des produits d’équipements pour la maison au Japon pour concevoir une gamme de mobilier complète : sofa, fauteuil, banquettes, tabourets, tables d’appoint, cabinet de rangement et étagères utilisant en revêtement de surface, le tatami, un matériau typiquement dédié au sol. Une rupture fonctionnelle et un regard nouveau sur ce matériau jugé peut être trop traditionnel, mais qui équipe toujours au moins une pièce dans chaque maison japonaise : les fameux washitsu. Le tatami utilisé pour la collection Moving Tatamis est tissé de papier et non de paille, pour d’augmenter sa résistance.

Fauteuil enveloppant ou table aux extrémités recourbées, le tatami mat contraste avec le bois laqué vernis brillant. José Lévy a joué avec les codes visuels et des matières.
©José Lévy pour Daiken

Une histoire de famille

Le Japon et le tatami font partie de l’histoire familiale du designer. Au début des années 60, Anatole, le grand-père de José Lévy fonde Judogi qui fait fabriquer kimonos, hakamas, katanas au Japon. « Très tôt et grâce à lui, j’ai rencontré le Japon, ma première expérience de l’exotisme, de l’ailleurs, du « beau-bizarre ». Tous ces objets me fascinaient. Ils ont été très importants dans mon rapport à l’étrange, au beau, au rêve et à la différence. Dans les années 70, les gens voyageaient moins, le Japon semblait très très loin… », se souvient José Lévy. Une fois par an, Anatole rendait visite à ses fournisseurs et en profitait pour continuer à explorer le pays. Il fournissait les clubs européens, les magasins de sport et bientôt même les jeux olympiques grâce à un système ingénieux d’antidérapants pour ses tatamis mis au point avec des machines importées du Japon. Dans sa boutique du boulevard Beaumarchais, il évoluait entre kimonos, kodachi, hakamas…

Le chêne ciré s’associe aux teintes blondes du tatami pour ce banc.
©José Lévy pour Daiken

Une sensibilité particulière

Cette gamme de meubles reflète une connaissance approfondie et respectueuse de la culture japonaise qui a logiquement conduit à cette collaboration avec Daiken. La collection aux récurrences familières, tables, assises et rangements fonctionnels, subtils, offre un mobilier à composer et à s’approprier. « J’avais conçu un cube comme outil de vente pour le choix des couleurs. Il est devenu un pouf et s’intègre désormais dans la collection ». Petit clin d’œil à Charlotte Perriand qui, elle, avait choisi le bambou comme fil conducteur. Ici, c’est le tatami qui, pour José Lévy, assume joliment ce statut d’ensemblier pétri de culture avant et après-guerre, mais résolument contemporain. 

Contact :
www.joselevy.fr
et
www.daiken-movingtatamis.com

Un jeu de couleurs douces et neutres, naturellement grisées habille les panneaux des portes recouvertes de tatamis tressés et teints.
©José Lévy pour Daiken

Les portes de l’armoire penderie recouvertes de tatamis sont bordées d’une ganse comme les tapis traditionnels.
©José Lévy pour Daiken

Cette table d’appoint asymétrique est caractérisée par le glissement des pans dans une courbure sensuelle.
©José Lévy pour Daiken

Le cabinet de rangement modulable posé sur son socle rappelle les expérimentations asiatiques de Charlotte Perriand qui faisait rimer rigueur géométrique fonctionnelle et matériaux traditionnels.
©José Lévy pour Daiken

Le dos extérieur de ce fauteuil est recouvert de tatami qui contraste avec l’intérieur foncé du siège.
©José Lévy pour Daiken

Sur les sièges, le tatami est positionné à l’extérieur et contraste avec l’intérieur aux couleurs plus sombres.
©José Lévy pour Daiken

La collection est une rencontre avec l’évidence formelle japonaise dont le designer garde l’essentiel. Dans cet esprit, les tables basses modulables s’associent entre elles ou servent de plateaux d’appoint.
©José Lévy pour Daiken

Au tatami blond, la collection associe le chêne clair.
©José Lévy pour Daiken

Les meubles de rangement ont été dessinés à partir d’un module avec porte, que l’on peut décliner en plusieurs dimensions et associer à d’autres éléments comme un jeu de construction.
©José Lévy pour Daiken

Cette console murale munie d’un miroir et d’un tiroir joue aussi la fonctionnalité dans un style très épuré.
©José Lévy pour Daiken

Ce canapé enveloppant, comme toutes les pièces de la collection, offre une relecture de l’art ancestral du tatami.
©José Lévy pour Daiken

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