Le Chocolat Alain Ducasse, La Maison du Chocolat, Pierre Marcolini : 3 nouveaux temples pour le dieu cacao
La Manufacture du chef trois fois étoilé
Alain Ducasse n’a pas choisi les beaux quartiers pour installer sa chocolaterie. A peine deux mois après son ouverture, les gourmets se pressent déjà dès la première heure dans cet ancien garage Renault caché dans un fond de cour.
Entre toutes les terrasses des restaurants, on voit à peine le lieu en retrait de la bruyante rue de la Roquette. L’ex site « industriel » a troqué les odeurs de cambouis pour celles plus enivrantes de chocolat. En effet, derrière les vitres s’alignent les sacs de jute remplis de fèves en provenance des coins les plus reculés de la planète. Si certaines provenances sont classiques (Côte d’Ivoire, République Dominicaine, Madagascar) d’autres lieux sont plus exclusifs et rares, signes de la recherche de variétés au goût subtilement différent : Sao Tomé, Vietnam, Java, Papouasie.
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Nicolas Berger, qui est pâtissier pour Alain Ducasse depuis l’an 2000, après être passé chez Hévin, Peltier, Ladurée, peut s’enorgueillir de travailler 13 fèves différentes, provenant de 11 pays. A 90 %, la fève la plus cultivée est la forastero, suivie de loin par la criollo (3%), et la trinitario, un hybride des deux précédentes. Selon la situation géographique, la finesse et la subtilité des goûts ne sont pas identiques : les saveurs vont du sucré (Madagascar) au végétal (Vietnam), au fumé (Java) ou à l’animal (Papouasie).
Derrière les grandes baies vitrées, un petit espace vente où s’alignent plus de 40 sortes de tablettes et 25 types de bonbons au praliné ou ganache ; mais surtout des machines précieuses, car vintage, et difficiles à dénicher. En effet, pour trier, torréfier, concasser, raffiner, concher les fèves ; les machines présentes ici sont anciennes et opérationnelles pour de petites productions, là où le parc industriel existant à acheter est le propre de grosses séries, pour la production de masse et la grande distribution. Très peu nombreux sont encore les chocolatiers qui font encore leur propre chocolat (Marcolini, Pralus, Bonnat, Bernachon) ; la plupart des maisons travaillant avec des grossistes de qualité comme Valrhona, Barry, Belcolade.
Les équipes de Ducasse et Nicolas Berger ont dû chercher un peu partout en Europe des outils de petite production, en chinant comme des antiquaires. Au même titre, certaines pièces de « décoration » de la boutique ont été dénichées en des lieux inédits : la Banque de France pour les lourdes portes d’acier aux poignées laiton, un bateau militaire des années 30 pour les lampes à suspension.
La Manufacture de Chocolat
40, rue de la Roquette
75011 Paris
Tél : 01 48 05 82 86
Ouvert de 10 h 30 à 19 h
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Un espace éphémère pour un temple de gourmandise
Marron, vert, turquoise : l’écrin éphémère de La Maison du Chocolat dévoilera 80 m² dédiés à la gourmandise, au cœur du grand magasin du printemps Haussmann. Le lieu ne sera que ponctuel, du 16 mai au 17 août prochain ; mais vous pourrez y déguster pâtisseries, macarons, chocolats, glaces. Chaque jour des animations chocolat attireront les plus gourmands, et pour cet espace éphémère deux pâtisseries ont été créées : le choco’paradis (mousse au chocolat & cœur de fruits rouges parfumé à l’hibiscus posés sur un sablé breton du 16 mai au 17 août) et l’éclair lacté (pâte à choux et crème pâtissière au chocolat au lait du 1er juillet au 17 août).
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Le « bean to bar » d’un Belge
Il y a 10 ans, sans pour autant abandonner sa Belgique natale, Pierre Marcolini descend à Paris pour y ouvrir sa première boutique. Aujourd’hui, il installe un second lieu, rive gauche, totalement dévoué à la fève. Lui aussi maîtrise totalement le process de fabrication du chocolat, et définit ses chocolats « perso », nommant ses espaces de vente des « bean to bar », de la fève à la tablette.
Au cœur de la boutique d’ailleurs, des fèves peuvent être touchées, senties par le client. La fève est ici mise en avant sous toutes ses formes : en tablettes, bonbons, grue caramélisé, infusion, chocolat primitif. Dans ce boudoir gourmand, la dernière tablette de Marcolini provient d’une toute petite plantation camerounaise de 2 hectares, qui révèle un forastero fin et complexe, aux notes de bois et de fruits jaunes. Pour apporter une touche de croquant, le chocolatier a glissé dans sa tablette Haut Penja-Cameroun des éclats de grué de cacao.
11,50 € la tablette de 80 g
Pierre Marcolini Haute Chocolaterie
78, rue du Bac
75007 Paris
Tél : 01 45 44 34 02
Ouvert de 10 h 30 à 19 h
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Quoi boire en fin de repas avec votre bonbon chocolat ? En aucun cas des bulles, mais volontiers un vieux Pineau des Charentes, par exemple le vieux Pineau de Reynac. Sa robe est jaune, dorée à reflets ambrés, et ses arômes miel épices conviennent parfaitement à un dessert chocolaté, ou à un simple carré de chocolat.
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