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Studio Harcourt, glamour pour toujours

Rénové par l’agence Monica Donati & Associés, le nouveau bâtiment du Studio Harcourt a encore pour vocation première, celle de fixer l’image des célébrités d’un halo de lumière. En noir et blanc.
par Anne Swynghedauw, le 22 April 2017

Fondé à Paris en 1934 par Cosette Harcourt, Robert Ricci et les Frères Lacroix, le Studio de photos Harcourt immortalise les plus grandes célébrités des XXe et XXIe siècles en créant une photographie iconique et populaire. Il a connu son heure de gloire après la guerre, (plus d’un millier de clients par mois !) grâce à ce style inspiré du cinéma noir et blanc. Le principe ? Une photo tout en dégradé de gris conçue dans une lumière en clair obscur qui fait rêver et qui met en scène les plus grandes stars du cinéma… Au studio, pas de photographe vedette ! Tous, et encore aujourd’hui, ont été au service d’une image, d’une façon de photographier unique et bien définie.

Après le décès de Cosette en 1976, le studio est liquidé en 1980. Grâce à Jack Lang, alors Ministre de la Culture, le fond est racheté par l’Etat et distribué depuis 2007, par la RMN (Réunion des Musées Nationaux). Le Studio Harcourt est repris depuis 2009 par l’homme d’affaires Francis Dagnan.

Au centre sur trois niveaux, soit 10 mètres de hauteur, le lustre accompagne le parcours, retraçant l’histoire d’Harcourt, de sa création aux derniers clichés.
©Sébastien Dubor

Le projet, théâtral à l’image du studio Harcourt

Juin 2014, trop à étroit dans ses locaux 8 rue Jean Goujon, le Studio Harcourt déménage au 6 rue de Lota à Paris, dans un hôtel particulier d’exception classé, datant de 1897. Cette nouvelle adresse est l’occasion, pour l’agence d’architecture Monica Donati & Associés de concevoir un nouveau projet architectural d’envergure et ambitieux sur 1200 m².

Le visiteur traverse des espaces en clair obscur, mis en lumière par des projecteurs de théâtre, révélant par un halo l’architecture, les portraits de stars typiques du style Harcourt.
©Sébastien Dubor

Le cahier des charges ? Développer l’activité studio avec un second espace dédié à la photographie, créer un musée, des salons de réception, un café et aménager deux niveaux de bureaux. L’ensemble du projet est agencé sur quatre niveaux et un rez-de-chaussée.

Plan de coupe. Le Studio Harcourt se compose d’un rez-de-chaussée d’accueil, de deux étages accessibles au public et deux niveaux de bureaux.
©DR

Le parti architectural

Le projet architectural vise à restructurer intégralement l’hôtel particulier, conservant les décors d’époque du hall et du premier étage. Puis, transformant le porche d’entrée et l’accueil, une cage d’ascenseur avec mise aux normes de sécurité incendie et d’accessibilité et un escalier de secours ont été créés. La restauration des espaces d’époque, l’aménagement des espaces et le traitement architectural sont au cœur de cette réhabilitation magistrale à l’image du Studio Harcourt, qui associe l’image photographique au bâti ancien.

Au deuxième étage, le musée a deux fonctions : retracer l’histoire du studio et accueillir des évènements. Le système, qui soulève l’ensemble des portraits au plafond, a été conçu avec un mécanisme apparent de câbles, de poulies et d’engrenages.
©Sébastien Dubor

Agence Monica Donati & Associés, www.i-donati.com
Studio Harcourt, www.studio-harcourt.eu

Le porche d’entrée a été l’une des interventions majeures du projet. Intégralement repensé, le hall est ainsi accessible et perceptible depuis la rue, gagnant en hauteur.
©Sébastien Dubor

On retrouve le rouge théâtral dans le bâtiment historique, comme un fil conducteur guidant le parcours du visiteur.
©Sébastien Dubor

Au centre sur trois niveaux, soit 10 mètres de hauteur, le lustre accompagne le parcours, retraçant l’histoire d’Harcourt, de sa création aux derniers clichés.
©Sébastien Dubor

Le bar, entièrement restauré dans les règles de l’art, conserve le parquet Versailles, les ornements, moulures et corniches d’origine, en harmonie avec la photo omniprésente.
©Sébastien Dubor

La machine fait référence au film muet « Les Temps Modernes » de Chaplin sorti deux années après la création du Studio Harcourt.
©Sébastien Dubor

Le lustre spectaculaire du hall fait le lien entre visiteurs et célébrités sous forme de portraits suspendus.
©Sébastien Dubor

Les salons de maquillage sont des agencements plus modernes qui s’imbriquent aux moulures existantes.
©Sébastien Dubor

Le bâtiment classé malgré les contraintes n’est pas dépourvu de modernité. Les teintes, gris photo, or éclatant et noir profond se répondent dans une rigueur architecturale.
©Sébastien Dubor

Des espaces contemporains réinterprètent les codes couleurs du projet, noir, blanc et rouge, de manière plus abstraite.
©Sébastien Dubor

Plan Studio Harcourt niveau 0
©DR

Plan Studio Harcourt niveau 1
©DR

Plan Studio Harcourt niveau 2
©DR

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